Shoshin : l'esprit du débutant

Shoshin est un terme japonais qui signifie « esprit du débutant », utilisé dans le bouddhisme zen et dans les arts martiaux. C'est une attitude d'humilité que le pratiquant doit conserver tout au long de sa progression, quel que soit son niveau atteint.

 

Sho : le premier (shodan).

Le débutant est au début de la pratique, près de l'origine, du vide initial, (Ku).Le débutant sait qu'il ne sait pas, il est humble, il a joie d'apprendre. 

C'est également l'esprit de celui qui reçoit. (ukeru : recevoir) et par conséquent l'état d'esprit que doit avoir l'uke : pas d'à priori sur ce qui va arriver. Etre là pour la technique, pour l'autre, pour apprendre.

Cet état d'esprit appliqué à chaque cours, à chaque technique, avec chaque partenaire, permet la découverte de la profondeur, petit à petit, grâce à la répétition du geste et de l'écoute.

"Etre dans le Shoshin, c'est écouter comme si on n'avait jamais entendu"

Appliquer le Shoshin en dehors du dojo dans son quotidien est sans doute un bon moyen d'accéder à de nouvelles façons de voir, de comprendre, de considérer même notre environnement social et familial. Une manière de re-connaitre, de reconnaitre ? Je trouve que faire cette expérience n'est pas toujours facile : le quotidien de nos relations, les habitudes peuvent représenter des barrières importantes à cet élan. Mais justement. Il me semble que l'endormissement provoqué par le quotidien, la répétition, est proportionnel à la capacité d'éclairage de nos consciences. Plus il y a à découvrir en gardant l'esprit du débutant, plus nous sommes enclins à l'endormissement de la conscience, de la vigilance. C'est sans doute un mode de défense de notre identité : l'esprit du débutant appliqué au quotidien a tendance à bousculer les certitudes, les représentations, les modes relationnels, alors pour s'en protéger et conserver un équilibre basé sur une stabilité particulière, nous chloroformons en nous l'esprit du débutant, le Shoshin.

Combien de temps passons-nous  à pratiquer, à répéter les techniques telles que nous les connaissons sans remettre en cause quoi que ce soit de la forme, de la vitesse, du rythme, de la manière de se faire prendre, de dérouler, de finir ? Sans parler de l'état d'esprit qui va avec ?

Combien de temps passons-nous à vivre, à répéter un quotidien tel que nous le connaissons sans remettre en cause nos avis, nos manières de voir, de penser ? 

Combien de temps passons-nous à nous confirmer ce que nous savons déjà ? (j'expliquerai ultérieurement un processus bien connu dans les rapports au travail : l'auto-confirmation)

Que vive le Shoshin en nous.

Arigataï.

 

 

Académie d'Aikido de Lyon

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